Il y a une quinzaine de jours, alors qu'il fait très chaud et que je me trouve devant chez moi, j'entends une femme qui m'appelle : "Madame, madame !" Je me retourne. Une femme, pas toute jeune, d'allure vagabonde, avec un gros sac à dos et un chien en laisse, se tient vers mon portail. Je la regarde, un peu méfiante, hésite un moment et m'approche finalement d'elle. Elle me demande alors si je peux donner de l'eau à son chien car il a très soif. J'hésite quelques secondes, cette sacrée méfiance, mais j'arrive à en faire fi, et je lui dis : "Oui, attendez, je vais vous en chercher". Je remplis une petite bassine d'eau, et je retourne vers elle. Elle s'avance alors avec son chien. Elle n'a pas menti, son chien a très soif, et il ne s'arrête pas de boire. Elle me dit qu'elle lui a donné toute l'eau qui lui restait, mais que cela ne lui a pas suffi. Je lui propose alors de lui remplir sa bouteille d'eau, mais elle me dit que ce n'est pas la peine, qu'elle est bientôt arrivée. Nous nous regardons un instant, hésitantes, sans trop savoir quoi nous dire d'autre, mais pourtant quelque chose passe dans ce regard, je dirais de la gratitude. Je lui dis alors : "Bonne continuation". Elle me remercie, sort de la propriété et reprend sa route.
Cette histoire pour dire qu'avec ce climat de méfiance qui règne, climat entretenu par les médias, les infos, les gens (nous, quoi !), nous voyons des esprits malveillants de partout et je suis contente d'avoir su mettre ma méfiance de côté ce jour-là. Je regrette même de ne pas avoir pris davantage le temps de discuter avec cette femme, lui demander d'où elle venait, où elle allait, etc. Toute rencontre est enrichissante. Cette rencontre fugace l'a été car ce sont avant tout deux âmes qui ont communiqué...
