dimanche 28 août 2016

Etrange coïncidence et retour dans le passé

C'est tout de même étrange et troublant les coïncidences. Je vous explique.
Le 10 août dernier, je vais à la bibliothèque. Je choisis au hasard quelques livres, dont "Quand je pense que Beethoven est mort alors que tant de crétins vivent" d'Eric Emmanuel Schmitt. Hier soir, je commence à le lire, et l'auteur raconte qu'il suit des cours de piano chez Alice V.... . Je relis. Alice V... . Le prénom ne me dit rien, mais le nom, lui, me dit quelque chose. Je continue ma lecture. Alice V... avait épousé un chétif monsieur jaune à la voix plus haute que la sienne, aussi étroit qu'elle était large, un Vietnamien enseignant le vietnamien, galant, souriant, affectueux, ... Tiens... cette description me rappelle curieusement quelqu'un. Je vais sur Google et tape V..., et je tombe sur une photo. Oui, c'est bien lui... ce petit homme que je voyais parfois dans les rues d'Ecully, avec son imperméable, son chapeau et sa serviette sous le bras... Et cela me rappelle une histoire lointaine, lointaine... puisque j'avais 13 ans. Je vous raconte. A cette époque, avec une copine, nous allions aider des personnes à garder des enfants en bas âge le jeudi après-midi (car à l'époque c'était le jeudi que les écoliers faisaient une pause dans la semaine). Nous leur faisions faire des jeux, nous les aidions pour leur goûter, etc. Au même endroit et à la même heure, c'est-à-dire en fait de 14h à 16h30, il y avait également des enfants un peu plus grands encadrés par des personnes aidées elles aussi par deux jeunes garçons de 16 et 17 ans. A 16h30, lorsque les parents venaient chercher leurs petits, nous en profitions pour échanger avec eux, et nous faire un peu draguer, il faut le dire (sourire). Je plaisais beaucoup à l'un d'eux, c'était évident, et il me plaisait beaucoup aussi. Il s'appelait Marc, Marc V... . Vous commencez à comprendre. Marc était le fils de ce petit monsieur jaune et Alice était sa mère. Un soir, nous nous sommes un peu attardées en leur compagnie, faisant une petite balade avec eux pour faire plus ample connaissance. Mais le père de ma copine, qui se faisait du souci (et je le comprends) est parti à notre recherche et lorsqu'il nous a aperçus, est venu tout droit sur nous et a donné une belle gifle à sa fille, et m'a dit qu'il allait me ramener chez moi, illico presto. Les deux jeunes gens n'ont pas demandé leur reste. Ma mère, lorsque je lui ai expliqué l'histoire, en a souri. C'est vrai, après tout, ce n'était pas si grave, qu'avions-nous fait de mal, hormis bien sûr inquiéter nos parents ? Les parents de ma copine étaient très stricts, les miens l'étaient sans doute moins. Mais depuis ce jour, les jeunes hommes ont compris qu'il fallait nous laisser tranquilles et ne se sont plus intéressés à nous. Enfin presque, car pendant quelques temps Marc est venu régulièrement tourner en mobylette devant chez moi. Je le voyais passer et s'arrêter en face de la fenêtre. J'avais très envie d'aller lui parler, mais je n'ai jamais osé le faire. Je pense qu'il avait envie de me revoir, malgré tout. Et puis le temps a passé. Mon père est mort, nous avons déménagé et changé de quartier, et je ne l'ai plus jamais revu...
J'avais oublié cette amourette d'adolescente et voilà qu'en lisant ce livre, tout m'est revenu. Je ne sais pas ce que ce Marc est devenu, mais en tous cas, j'ai aimé me remémorer cette lointaine et tendre histoire. Merci Eric Emmanuel Schmitt ! (sourire)

16 commentaires:

  1. Ah! quelle belle romance. C'est toujours passionnant de se remémorer nos béguins de jeunesse. Belle nuit à toi Françoise

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    1. Oui, nous y repensons avec une certaine nostalgie. :-)
      Belle nuit à toi aussi, Bizak.

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  2. Il y a des coïncidences qui nous font remonter dans l'enfance et c'est très agréable de se remémorer les beaux souvenirs et penser qu'on aurait pu ..... mais la vie en a décidé autrement.

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    1. La vie en a décidé autrement, oui, Lauriza. Et je n'ai rien à regretter. :-)
      Belle fin de soirée à toi, bisous.

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  3. Un étrange clin d'oeil du destin... du "hasard"... que c'est curieux, ce fil rouge... La vie nous reprend, nous donne, reprend et prend, et rend parfois... mais on ne peut compter sur rien!

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    1. Oui, Edmée, moi aussi, j'ai trouvé étrange et curieux ce clin d'oeil du destin. Si je n'avais pas choisi ce livre, cette histoire ne me serait peut-être pas revenue en mémoire. Y a-t-il un sens ?...
      Belle semaine à toi.

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  4. Bien aimé ton histoire, revenue par la magie d'un livre... du "livre" enfoui en toi.
    Tu devrais envoyer ton texte à Eric Emmanuel Schmitt, je suis sûr que cela lui ferait plaisir. Je t'embrasse

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    1. Je n'y avais pas songé, mais je vais y penser, Louis-Paul. Pourquoi pas, en effet ? :-)
      Je t'embrasse moi aussi.

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  5. Petit signe du destin..... En tout les cas ce fut un beau souvenir. Mais le destin fait bien les choses alors il faut re chercher à quoi cela pourrait correspondre. Bisous.

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    1. Cette histoire me ramène bien des années en arrière, à l'époque où mon père était encore vivant, et ce qui est étrange, ou amusant, c'est que je suis actuellement en train de lire des cahiers écrits par mon père, où il notait des souvenirs, des anecdotes, des états d'âme... C'est amusant que ces deux faits coïncident, je trouve. :-)
      Bisous, Marie.

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  6. Ton petit billet m'a bien plu. En effet, c'est mignon tout plein et en même temps ça dû te rappeler de bons petits souvenirs.

    Bonne soirée.

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    1. Eh oui, Pascal, de bons petits souvenirs. :-)
      Bonne soirée à toi aussi.

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  7. Quel joli billet Françoise !
    tu as un réel talent pour raconter et tenir tes lecteurs en haleine.
    ¸¸.•*¨*• ☆

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  8. "Les coincidences sont une manière pour Dieu de rester anonyme." (Einstein)
    J'aime beaucoup ce billet et j'apprécie également EES (même si il égratigne un peu les rappeurs :-))

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    1. J'aime bien cette citation, Rom.
      Ah bon, EES égratigne un peu les rappeurs ? On peut pourtant aimer la grande musique et également les rappeurs, non ? :-)

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