dimanche 23 juillet 2017

Que vaut-il mieux, vous le savez, vous ?

Lorsque j'étais jeune, j'étais coupée de mes émotions, je ne réagissais pas, je ne pleurais pas, je n'exprimais aucune joie, rien. Ce n'était pourtant pas un manque de sensibilité, non, mais je pense que c'était plutôt une façon de me protéger. J'ai assisté, enfant, à des scènes assez traumatisantes, entre autres la mort de mon père et ses délires qui ont précédé. Lorsqu'on vit des scènes trop dures, je crois que l'on se forge une carapace pour ne plus souffrir. C'est ce que j'avais fait, je pense. Maintenant, et heureusement, j'ai appris à montrer ma joie, ma tristesse, ma colère aussi, tellement que je suis devenue une vraie éponge, j'absorbe tout, et lorsque j'approche une personne angoissée, speed, ou en colère, mon corps ressent tout, il se contracte, il se serre, il se noue. Et mon coeur fait tout pareil. Il me faut ensuite plusieurs jours pour retrouver le calme intérieur. Je suis pourtant bien contente d'avoir pu me débarrasser de cette carapace d'antan, et de ressentir, car je ressens aussi de belles choses, mais être une vraie éponge n'est pas confortable tous les jours et cela fait parfois bien souffrir. Que vaut-il mieux, vous le savez, vous ?...

12 commentaires:

  1. Un juste milieu ma chère Françoise. Ne rien ressentir fait mal tout au fond au bout d'un moment. Et trop ressentir nous fait perdre beaucoup d'énergie. Etre empathique avec les autres mais savoir aussi se préserver pour avoir son propre équilibre. Bises alpines

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    1. Oui, il faut se préserver, Dédé, mais ce n'est pas toujours évident. Trouver le juste milieu est sûrement la solution. Je vais y travailler...
      Bises auvergnates. :-)

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  2. Françoise,
    Tu l'as sans doute compris au travers des années où nous nous lisons : mon passé est en dehors de toute compréhension du commun des mortels que l'on croise dans cette société... J'ai été marqué jusque dans mon âme. Enfant, j'étais une éponge et j'exprimais le moindre de mes sentiments... Au fil des ans j'ai compris à force de violences, qu'il fallait que je me protège. J'ai entrepris alors de "contrôler" les émotions, les sentiments au point où maintenant je ne pleure presque plus, et où je ne ris presque plus...
    "Self control"...
    Cela ne m'empêche pas de ressentir, mais je ne montre plus rien.
    "La douleur est inévitable, la souffrance une option" dit-on... Vivre l'émotion le sentiment, c'est valider l'option de souffrir...
    A chacun son choix.
    J'ai assez souffert.
    Bises

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    1. Depuis combien d'années, d'ailleurs ? :-)
      Oui, je connais ton histoire, Gilles, et ce que tu as vécu t'a marqué au fer rouge, cela se comprend. Mais, quant à moi, si je devais à nouveau m'armer d'une carapace pour ne rien ressentir, ce serait faire un retour en arrière, et cela je ne le veux pas. Il faut que j'arrive, comme le disent si justement Dédé et Den, à trouver le juste milieu, l'équilibre entre les deux.
      Bises à toi aussi, Gilles. Bon courage pour ta nuit de boulot.

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  3. Je suis d'accord avec Dédé, Françoise, l'important est de trouver la juste mesure, le bon équilibre...l'empathie permet de comprendre l'autre, se mettre à sa place, tout en se préservant, tout en se dissociant ... l'empathie, qu'il faut différencier de la sympathie et de la compassion.. mais des composantes qui ne sont pas indépendantes les unes des autres ; nécessaires, elles fonctionnent ensemble et s'influencent mutuellement..
    Merci Françoise, bonne fin d'après-midi.
    Je t'embrasse.
    Den

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    1. Oui, trouver la juste mesure, le bon équilibre, ne pas se faire de mal à soi en voulant préserver l'autre, savoir se protéger tout en étant présent pour l'autre.
      Merci à toi, Den. Belle soirée. Je t'embrasse.

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  4. Enfant,j'avais l’impression de ressentir les émotions plus fortement que les autres(frères et sœurs). Pour ne pas montrer que j'étais plus sensible,je me suis "blindé" afin que les émotions "glissent" sur moi ou du-moins l'impression que j'essayais de donner.Il n’empêche qu'a l'intérieur,ça égratignait,ça lacerait...Depuis,la vie m'a appris à gérer au mieux.
    Bises auvergnates (aussi)

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    1. Oui, ce n'est pas parce que l'on ne montre pas ses émotions que l'on ne ressent rien, on fait comme si tout allait bien, mais au fond de son coeur, ce n'est pas la même chose et l'on se fait parfois très mal en enfouissant tout, en ne disant rien.
      Ah oui, Xoulec, c'est vrai que tu vis en Auvergne, toi aussi ! Alors pour toi, d'un petit coin de Haute-Loire, bises altiligériennes ! :-)

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  5. Bonjour,

    Vous me posez là bien une colle...
    Question pour laquelle, je pense, on ne peut pas répondre par oui ou par non.
    Lorsque je vous ai lue, cela m'a fait penser à cette sensibilité exacerbée que peuvent ressentir les empathes qui ne savent pas encore comment s'équilibrer avec la multitudes d'émotions, les leurs et celles des autres....
    Ce n'est bien évidemment pas négatif ce que je dis là, car il me semble que chacun a sa sensibilité et cherche pour être bien à trouver un juste équilibre...

    La question peut-être est de savoir ce qu'on peut en faire de ces émotions qui s'animent et qui mettent notre corps et notre être en mouvement ?
    A quoi cela peut-il donc servir ? Que puis-je donc en faire pour ne plus me sentir en résistance avec cela ? Comment puis-je mieux les accueillir ? Comment puis-je tirer profit (pour moi ou pour les autres) afin de me sentir plus à l'aise avec cette part de moi ?

    Voici ce que cela m'évoque en vous lisant :-)

    Belle journée !

    Ju' !

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    1. Bonsoir Ju'Lyn
      Merci pour cette évocation très riche et détaillée, elle va m'aider. :-)
      Votre dernier billet, sur les petits bonshommes allumettes va beaucoup m'aider également, j'ai beaucoup aimé. Le détachement est sûrement la solution, détachement ne veut pas dire indifférence ni absence d'émotions, le détachement permet certainement un amour plus vrai et non égoïste. Il faut en somme que j'apprenne à aimer les gens avec détachement pour ne rien attendre d'eux et ne pas souffrir.
      Belle soirée à vous, également, Ju' !

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    2. Bonsoir Françoise,

      J'attends des nouvelles pour les petits bonshommes allumettes :-)

      Par ailleurs, faut-il vraiment que vous appreniez à aimer les gens avec détachement ? Ou voulez-vous aimer les gens avec détachement ?
      Je titille un peu, mais, j'aime bien les détails qui font un peu la différence :-)

      Ju'

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    3. Bonsoir Ju'Lyn
      Oui, bien sûr, je vous tiens au courant. D'ailleurs, je vais bientôt partir quelques jours dans ma petite maison bleue ( Maison bleue ) et j'emporterai avec moi papiers, stylo, ciseaux, c'est un lieu idéal pour faire ce genre de choses (sourire), c'est là-bas que je me ressource, me retrouve, me recentre, une maison de famille riche en souvenirs.
      Je veux aimer les gens avec détachement, bien sûr. :-)
      Belle soirée à vous.

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