mercredi 29 juin 2016

Parce que je le vis, parce que je l'ai vécu...

Depuis que mon petit-fils a eu son accident de santé et qu'il souffre maintenant de divers handicaps, je comprends mieux les problèmes et difficultés que peuvent traverser les parents et les familles concernés elles aussi par cette situation, je comprends mieux leur amertume, leur tristesse, mais j'admire aussi leur courage car je sais que ce n'est pas facile tous les jours. Je comprends mieux ce qu'ils vivent parce que je le vis.

Lorsque les enfants de mes amis divorcent, je suis triste et désolée pour eux, mais lorsque cela se produit au sein de ma famille, j'en ressens les remous jusqu'au plus profond de mon coeur. Je peux me mettre dorénavant à la  place de ceux qui le vivent, car je le vis également.

Lorsqu'un un frère, une soeur, un parent, nous quittent prématurément, je comprends encore plus fort la tristesse, l'incompréhension et parfois la colère que peuvent éprouver les autres lorsque cela leur arrive, cela est gravé en moi parce que je l'ai vécu.


Je me rends compte, d'après ce que je vis, d'après ce que j'ai vécu, que tant que je n'ai pas été personnellement concernée, je n'ai pas compris vraiment ce que l'autre pouvait ressentir ou avait pu ressentir. Je le regrette, car je pense que j'aurais été encore plus présente et aidante. Je pense que tant que l'on n'est pas touché personnellement, directement, on ne peut pas se mettre à la place de l'autre, on ne peut pas savoir ce qu'il ressent vraiment. C'est en tous cas mon point de vue.

16 commentaires:

  1. J'adhère à cela...
    Tout comme je ne peux comprendre les gens qui sont dans la plénitude, qui vivent des sentiments positifs, qui aiment, qui sont sociaux ; on ne comprends pas ce que je ressens, ce que je pense...
    C'est ainsi, même l'empathie ne nous aide pas vraiment, elle nous rapproche sans doute, mais pas davantage.
    Alors ne soit pas désolée... Tu fais de ton mieux, et c'est déjà quelque chose. Beaucoup ne veulent pas s'investir...
    Je te rend hommage par cela.

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    1. Merci Gilles. Témoigner de l'empathie, je peux et je sais le faire, mais me mettre à la place de l'autre, non, pas tant que je n'ai pas vécu la même situation. Lorsque j'ai perdu mon frère, je me suis bien rendue compte que les personnes, même des proches, ne se rendaient pas compte du chagrin que je pouvais éprouver. Par contre, lorsque cela est arrivé dans leur famille, et qu'elles ont ressenti ce même chagrin, elles ont compris ce que j'avais éprouvé, et cela nous a rapprochés. Il n'y a aucune critique dans ce que je dis, c'est juste une constatation.
      Belle fin de journée, bises.

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  2. Je partage ton point de vue Françoise,j'ai été confrontée au handicap il y a 14 ans avec mon fils.Une naissance difficile qui l'a plongé dans ce monde, j'ai horreur de ce mot "handicap" j'aime pas mettre une étiquette sur les gens comme la société nous l'impose :(
    J'avais déjà de l'empathie pour ces gens là, mais ça c'est décuplé parce que depuis Maël, je vis cette situation au quotidien. Bonne journée Françoise.

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    1. Oui, Un ange qui passe, on comprend mieux ce que les autres ont pu traverser lorsqu'on passe par le même chemin, et on est alors mieux à même de les comprendre.
      Belle fin de dimanche.

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  3. C'est vrai Françoise.

    Tant que l'on n'est pas touché au profond de soi, on ne se rend pas compte de ce que cela peut être.
    Ces trois dernières années, je vis la plongée dans l'oubli du cerveau de ma Maman... C'est dur.

    Continuer à voir du beau dans la Vie, malgré toutes nos peines et nos blessures.

    Bonne journée à toi

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    1. J'ai vécu une période similaire à la tienne avec ma Maman il y a une quinzaine d'années, et je suis donc apte à comprendre ce que tu vis. C'est très dur, oui, et pour elle, et pour nous.
      Je t'embrasse fort, Suzame.

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  4. Je connais bien ce problème qui est récurrent sur les blogs...j'y suis souvent confrontée.
    Et je ne suis toujours pas d'accord avec cette façon de voir.
    Je continue à penser que nous sommes des frères en humanité, et que l'empathie, même si elle ne remplace pas l'expérience, est toujours cent fois mieux que l'indifférence. Et que la souffrance est universelle, chacun l'éprouve à un moment donné, et les autres prennent cette souffrance en la raccrochant à l'une des leurs.
    Une de mes nièces est atteinte d'une maladie extrêmement rare. Et s'il fallait qu'elle trouve quelqu'un qui la comprenne vraiment, c'est à dire qui souffre du même mal qu'elle, elle mourrait de désespoir. Heureusement l'amour est un puissant palliatif à la douleur.
    Les hommes n'accoucheront jamais et pourtant, mon homme a eu tellement mal pour moi à l'accouchement qu'il en a pleuré.
    mais tout ceci n'engage que moi. C'est sans doute mon hyperesthésie qui me pousse à souffrir physiquement du mal des autres. ;-)
    ¸¸.•*¨*• ☆

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    1. Oui, Célestine, c'est certain que l'empathie est cent fois mieux que l'indifférence, là, je suis entièrement d'accord. Et ce que tu dis ensuite est vrai aussi, cela dépend des situations en fait. Lorsque je pense à mon petit-fils handicapé, je souffre pour lui, je ressens ce qu'il ressent, et pourtant je n'ai jamais été un petit garçon handicapé...
      Merci à toi pour ce long commentaire. Bisous.

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  5. Bonjour Françoise, c'est exact, il faut avoir vécu certaines choses pour mieux les comprendre, c'est pour cela aussi que certains commentaires nous font du mal car on se sent incompris. Il faut du courage pour supporter les épreuves mais les femmes en ont car je crois qu'elles ressentent plus que les hommes, encore que... les hommes ne le montrent pas ils sont plus réservés sur ça.
    Bonne journée ici très chaude. Bisous

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    1. Bonsoir Marmotte :-)
      Je ne pense pas que cela soit réservé aux femmes, je pense que cela dépend de sa sensibilité propre. Les hommes peuvent être autant touchés que les femmes, je le pense vraiment.
      Bonne soirée à toi, gros bisous.

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  6. Il est vrai que c'est dans les épreuves que grandit "l'homme" et qu'il ressent plus ce que vit l'autre, et qu'il a plus d'empathie envers son prochain. Je viens de lire un billet de El Linda, ou elle donne une belle citation de l'écrivaine française Laurence Tardieu: Qu'avec le temps et l'âge , les êtres gagnent de la lumière et elle se demandait: que sont devenus leurs ombres ?

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    1. Oui, je pense aussi que c'est dans les épreuves que grandit "l'homme". Et parfois, ce sont les jeunes enfants, les enfants, qui, de par leurs réactions aux événements, nous aident à grandir, et non l'inverse.
      Que sont devenus leurs ombres ? Vaste question à laquelle je ne saurais répondre...
      Bonne soirée, Bizak. Bisous.

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  7. Je rebondis sur ton dernier paragraphe : c'est vrai mais en même temps c'est une protection car si on était en empathie totale sans cesse, on s'épuiserait...

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    1. Oui, c'est vrai ce que tu dis, Lison, il faut savoir aussi se protéger.
      Bisous ma belle.

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  8. Bonjour Françoise.
    La compréhension de l'autre nécessite-t-elle un vécu similaire ?
    Je ne le pense pas, naturellement celle-ci est "facilitée" par notre propre expérience, plus accomplie mais, même dans ce cas, elle ne saurait être identique (chaque cas est différent).
    Je suis assis à côté de toi (c'est une supposition, un cas d'école ;-)) et nous admirons le même paysage.
    Comment être certain que nous partageons le même ressenti ?
    Par un regard complice, par un silence commun, par un échange verbal.
    Notre propre expérience peut servir d'étalon à celle des autres si nos liens affectifs fonctionnent comme une corde tendue entre nos âmes et propageant ses vibrations.

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    1. « Notre propre expérience peut servir d'étalon à celle des autres si nos liens affectifs fonctionnent comme une corde tendue entre nos âmes et propageant ses vibrations. » Très joliment dit, j'aime bien. :-)

      Oui, comment savoir que nous partageons le même ressenti ? Je pense que même si ce ressenti n'est pas tout à fait le même, n'empêche la personne est davantage sensibilisée si elle a vécu la même situation, si elle a vécu le même deuil. C'est mon avis en tous cas. :-)

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