mercredi 2 août 2017

Le détachement

Lorsque nous arrivons à nous détacher de l'attente que nous avons de l'autre, nous pouvons enfin commencer une vraie relation avec cette personne, car c'est bien souvent l'attente que nous avons d'elle qui vient parasiter la relation. Le détachement, c'est moins de souffrance, c'est plus de sérénité. Le détachement n'est pas indifférence, au contraire, c'est apprendre à aimer mieux, à aimer sans conditions. Et si l'autre ne veut pas ou plus de nos sentiments, c'est accepter de le laisser partir.
Le détachement concerne également le rapport que nous avons avec les objets. Avons-nous vraiment besoin de toutes ces choses, plein nos armoires comme dirait Souchon, ces choses qui bien souvent ne nous servent pas, ou plus ? Lorsque je pars en voyage, et que je n'emporte évidemment pas tout ce que j'ai dans mes placards, je me dis souvent que je m'en passe très bien, que ce n'est pas cela l'essentiel.
Bref, vous l'aurez compris, je travaille actuellement sur le détachement... :-)
(A suivre...)

16 commentaires:

  1. C'est un beau projet que de travailler sur ce détachement...
    Mais l'attachement peut être viscéral, et pour certaines personnes qui font un complexe d'abandon, notamment, c'est plus difficile. J'en connais.
    Pour les objets, je suis d'accord. On passe la moitié de sa vie à les entasser, et l'autre moitié à s'en débarrasser. Il paraît que c'est un cursus normal.. ;-)
    Bisous ma belle amie
    ¸¸.•*¨*• ☆

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    1. L'abandon peut être ressenti de diverses manières, cela pourrait faire l'objet d'un billet à lui seul. L'abandon peut être ressenti par le fait d'être quitté par son compagnon, par exemple, ou sa compagne, mais il peut également être ressenti lorsque l'un des parents, le père pour parler d'un cas précis, meurt subitement, et abandonne du coup ses enfants, les laissant orphelins. Et qu'en plus, alors que tu es adulte, le grand frère, qui est devenu en quelque sorte le substitut du père, disparaît à son tour aussi subitement. Des sensations d'abandon, nous en traînons parfois depuis l'enfance, et le pire, c'est que bien souvent nous nous sentons attirés par des personnes qui nous mettront en situation de manque, et nous ressentirons l'abandon une fois de plus. Il y en aurait à dire sur l'abandon...
      Bisous à toi aussi, ma douce.

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  2. Le détachement n'est pas aisé, surtout quand il concerne l'affect... Beaucoup de gens n'ont pas coupés le cordon ombilical ; d'autres portes de chaines, colliers, bagues qui les lie à une autre personne, ou une émotion...
    L'attente de quelqu'un ou de quelque chose entraîne toujours la tristesse.
    L'espérance ternie et souille la relation...
    Comme il est dit "l'enfer est pavé de bonnes intentions"... Ce que l'on appelle l'amour, l'affection, est un enfer avec de jolis pavés...
    Je te souhaite toute la lucidité requise pour te détacher...
    ;-)

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    1. Non, Gilles, le détachement n'est pas aisé, surtout, comme je l'explique à Célestine qui l'a elle-même évoqué, si nous nous obstinons à côtoyer des personnes qui savent bien nous mettre en état de manque, situation très douloureuse pour nous car la mémoire n'oublie pas cette sensation d'abandon ressentie lors de notre enfance, et nous n'arriverons qu'avec beaucoup de mal alors à nous détacher. Oui, l'attente de quelqu'un ou de quelque chose entraîne toujours la tristesse.
      Merci pour tes mots, Gilles. Bises.

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    2. L'abandon est un vaste sujet, je fus "en première ligne" pour avoir été abandonné quand j'étais un bébé... Je suis donc sensibilisé par l'abandon au point que pour ne pas être abandonné, je refuse de me lier, et d'être lié à quelqu'un... traumatisme récurrent, je le reconnais.
      Bises amicales.

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    3. Oui, je sais, Gilles, mais peut-être un jour rencontreras-tu quelqu'un qui saura te guérir de cette blessure qui est en toi, je te le souhaite en tous cas.
      Bon après-midi. Bisous.

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  3. Le thème de ton billet Françoise, me rappelle le livre de Marcel Ruffo le célèbre pédopsychiatre dans son "détache-moi" que j'avais rencontré lors d'une conférence à Notre Dame du Laus dans les Alpes il y a quelques années, le détachement, une étape souvent difficile, mais qui cependant permet de grandir... merci à toi de nous le rappeler...
    Je t'embrasse.
    Den

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    1. J'ai lu ce livre il y a quelques années, je crois que je le relirai, je l'avais trouvé très bien. Merci à toi de me le remémorer, Den.
      Beau dimanche. Je t'embrasse aussi.

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  4. Je partage totalement ton billet. Travailler sur le détachement ne peut être que positif. Le véritable amour est aussi liberté !!

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    1. Oui, Daniel, le véritable amour est aussi liberté.
      Merci à toi. Bon dimanche.

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  5. Tu as tellement raison d'y travailler. C'est difficile, je parle d'abord du détachement affectif, car si on peut le risquer avec les parents et la famille que nous reverrons en principe toujours "no matter what", il n'en va pas de même en amour, où on craint l'éloignement, ou la mauvaise interprétation de l'autre : trop détaché peut paraître indifférent ou négligent, pas assez peut sembler dépendant etc... Or il faut y arriver, ... faire confiance. Accepter que si l'autre ne nous aime pas assez ou plus... eh bien ce sera peut-être son prétexte pour nous larguer. Car la dépendance affective transforme l'amour en relation "intéressée", de survie, et tue l'amour chez les deux.

    Pour les objets, je suis assez bien rodée, ayant beaucoup déménagé. J'ai appris à faire de multiples tris :)

    Bonne semaine Françoise!

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    1. Comme dans beaucoup de domaines, il faut trouver le juste milieu, Edmée. Connais-tu la technique des petits bonshommes allumettes ? C'est tout bête, mais cela aide beaucoup je trouve, j'ai commencé à l'utiliser.
      Belle semaine à toi aussi. Bises.

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  6. Il me semble que derrière nos attentes se cache le sentiment du manque. Nous ressentons un vide en nous, une impression d'être incomplets, et alors nous éprouvons le besoin de combler ce vide dans l'autre. Nous allons vers lui dans l'intention plus ou moins consciente de "prendre". Au fond, dans nos attentes, il y a souvent le risque que nous traitions l'autre comme un objet. Plus nous essayons d'être nous-mêmes, de vivre par nous-mêmes, pour nous-mêmes, en nous écoutant, en nous respectant, en nous aimant, et plus nous pouvons entretenir des relations avec les autres qui sont détachées, ouvertes, libres. Nous pouvons aller vers l'autre avec une demande, une envie. Le détachement, ce n'est pas de l'indifférence vis à vis de l'autre, c'est le détachement vis à vis du résultat de notre demande. C'est savoir que, quelle que soit la réponse à notre demande, nous serons toujours une personne entière. Je dis ça dans la théorie, ça marche les jours où on se sent bien, en forme. Les jours tristes, on recherche ardemment quelqu'un qui nous comprenne, nous complète. On est moins détachés.
    C'est le travail de toute une vie, il me semble, que de savoir s'occuper suffisamment de nous pour pouvoir être disponible aux autres et les laisser libres d'être ce qu'ils sont ?

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    1. Oui, Dad, bien sûr que derrière nos attentes se cache le sentiment du manque, et aussi la peur de ne pas être aimé(e). J'aime beaucoup tes mots, car je le ressens ainsi moi aussi. Et je voudrais rajouter qu'il ne sert à rien de mettre les torts sur l'autre, c'est d'abord à nous de changer, et l'autre changera. C'est notre attitude à nous qui fera changer l'autre, c'est ainsi que cela fonctionne.
      Merci beaucoup pour ce commentaire très riche.
      Belle fin de semaine à toi.

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  7. Oh que j'aime la dernière phrase de Dad : "C'est le travail de toute une vie, il me semble, que de savoir s'occuper suffisamment de nous pour pouvoir être disponible aux autres et les laisser libres d'être ce qu'ils sont ?".
    c'est exactement ce qui ne m'est pas arrivé avec mon ex conjoint. il avait une très forte attente envers moi et je ne pouvais pas être libre d'être ce que je voulais. j'étais en permanence jugée, il a réussi à me culpabiliser de ne pas être ce qu'il voulait que je soi. j'ai réussi à me détacher et ça m'a fait un bien fou. Lui par contre n'a pas réussi à se détacher des objets qui envahissaient notre vie. Oui, je pense qu'il comblait un manque et je faisais partie des objets qui comblaient ce manque, j'étais un objet pas une personne.
    Et Françoise je suis d’accord avec toi qu'il faut réussir à se détacher de l'attente qu'on a de l'autre pour réussir à créer une vraie relation avec cet autre. Je pense aujourd'hui qu'on peut être bien avec une personne en partageant de bons moments, des activités qui nous plaisent, en étant bienveillant avec l'autre et sans rien attendre de particulier de l'autre, juste de vivre en communauté et pas ensemble.

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    1. Il n'est pas possible de correspondre en tous points à ce que désire l'autre, ou alors on perd son identité, et on se fait du mal. Parfois, en effet, il vaut mieux la fuite, pour se protéger, pour se retrouver. Aimer quelqu'un, ce n'est pas exiger, c'est respecter ce qu'est l'autre. Comme le dit si bien Dad, il faut avant tout apprendre à s'aimer pour pouvoir aimer les autres sans attentes, je crois que c'est cela le plus important.
      Merci Virevolte pour ton commentaire très intéressant. Bisous.

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