jeudi 29 septembre 2016

Madame, madame !

Il y a une quinzaine de jours, alors qu'il fait très chaud et que je me trouve devant chez moi, j'entends une femme qui m'appelle : "Madame, madame !" Je me retourne. Une femme, pas toute jeune, d'allure vagabonde, avec un gros sac à dos et un chien en laisse, se tient vers mon portail. Je la regarde, un peu méfiante, hésite un moment et m'approche finalement d'elle. Elle me demande alors si je peux donner de l'eau à son chien car il a très soif. J'hésite quelques secondes, cette sacrée méfiance, mais j'arrive à en faire fi, et je lui dis : "Oui, attendez, je vais vous en chercher". Je remplis une petite bassine d'eau, et je retourne vers elle. Elle s'avance alors avec son chien. Elle n'a pas menti, son chien a très soif, et il ne s'arrête pas de boire. Elle me dit qu'elle lui a donné toute l'eau qui lui restait, mais que cela ne lui a pas suffi. Je lui propose alors de lui remplir sa bouteille d'eau, mais elle me dit que ce n'est pas la peine, qu'elle est bientôt arrivée. Nous nous regardons un instant, hésitantes, sans trop savoir quoi nous dire d'autre, mais pourtant quelque chose passe dans ce regard, je dirais de la gratitude. Je lui dis alors : "Bonne continuation". Elle me remercie, sort de la propriété et reprend sa route.

Cette histoire pour dire qu'avec ce climat de méfiance qui règne, climat entretenu par les médias, les infos, les gens (nous, quoi !), nous voyons des esprits malveillants de partout et je suis contente d'avoir su mettre ma méfiance de côté ce jour-là. Je regrette même de ne pas avoir pris davantage le temps de discuter avec cette femme, lui demander d'où elle venait, où elle allait, etc. Toute rencontre est enrichissante. Cette rencontre fugace l'a été car ce sont avant tout deux âmes qui ont communiqué...

22 commentaires:

  1. Merveilleux billet, qui remet en place les valeurs humaines d'hospitalité et de confiance.
    Tuas bien fait d'écouter ton coeur.
    Bien sûr, les médias font du mal en instaurant la méfiance en permanence.
    Le dernier livre de Michel Serres devrait te plaire; c'est un condensé d'optimisme. On en a besoin !
    je t'embrasse ma belle
    ¸¸.•*¨*• ☆

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    1. Tu parles de son livre "Petite Poucette", Célestine ?
      Oui, il faut toujours écouter son coeur, il ne se trompe jamais.
      J'espère que ta pause te fait du bien, ma belle.
      Je t'embrasse fort.

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  2. oh que j'aime lire ce billet ! tu as bien fait de faire fi de ta méfiance. Si tu savais comme l'accueil des pèlerins m'a fait du bien sur ce point. Récemment j'ai dit à quelqu'un que j'allais marcher seule de temps à autre dans la campagne environnante, surprise elle a tout de suite répondu "vous n'avez pas peur ?" J'ai rétorqué en disant qu'il était temps d'arrêter d'avoir peur tout le temps, moi l'anxieuse j'ai dit ça.

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    1. Oui, Mel, il est temps d'arrêter d'avoir peur tout le temps, et peur de tout, et de tout le monde. A force, on ne va plus oser parler ou s'approcher des autres. Quelle tristesse ce sera...
      Bonne soirée à toi.

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  3. La peur, la méfiance (entre autres sentiments) sont des signaux que l'on doit apprendre à gérer et non à subir... Une partie des gens subissent, ils ne gèrent pas...
    Je te reconnais là, appliquant tes principes...
    Même moi qui suis acariâtre, je laisse une chance à mon interlocuteur avant de m'en débarrasser. Si sa requête est sincère rien ne se passe...
    Merci de cette piqure de rappel...
    bises

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    1. J'essaie d'appliquer mes principes le mieux que je peux, Gilles. :-)
      Merci à toi. Bises.

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  4. Tu as su faire confiance malgré ta réticence... Françoise au grand coeur bienveillant ! Sourires pour toi

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  5. C'est un bel instant partagé de confiance et de bienveillance!

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  6. Bonjour Francoise !!! C'est avec beaucoup de plaisir que j'ai reçu tes commentaires ces jours derniers MERCI !
    Très bel instant de vie que ton texte ... Je crois que j'aurais fait comme toi car d'un naturel peu méfiant ... Heureusement nous ne sommes pas entourés que par des truands ! Je t'embrasse Francoise !!!!!!!!!!!!!

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    1. Oui, heureusement, Cindide ! :-)
      Je t'embrasse très fort moi aussi.

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  7. D'instinct je me serais méfiée aussi, ce qui est normal et sain. Puis..eh bien je suppose qu'on se laisse porter par un mélange de sensations - sympathie, évaluation du risque réel - et alors on agit (ou pas). Je suis parfois navrée de ne pas avoir "cédé" à la compassion mais ne le me reproche pas : il est logique de prendre ses mesures, et si l'instinct nous dit non, ou ne nous dit rien... eh bien je ne peux m'en vouloir. Mais que c'est bon lorsque, comme toi, on sent qu'on a "bien" fait!

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    1. Oui, Edmée, il faut se fier avant tout à son instinct. Tout comme le coeur, il ne se trompe guère. Et permet ainsi de beaux échanges. :-)

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  8. C'est vrai, à trop se méfier, on passe à côté de rencontres qui pourraient être très enrichissantes ...et on vit dans la peur

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    1. Il en faut un peu de méfiance, bien sûr, mais juste ce qu'il faut, pas plus...

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  9. De passage.
    J'ai peut-être soif, qui sait

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    1. C'est bon que je suis passée par là pour répondre aux commentaires laissés par mes lecteurs, Rom, car je n'ai pas reçu de mail m'informant de ton passage (comme cela se fait habituellement). Cela arrive parfois, je n'en connais pas la raison.

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  10. C'est bon (pour moi) que je sois passé par là.
    Mon passage est (parfois) si furtif qu'il échappe à la vigilance de blogspot :-)

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  11. La vraie vie n'est pas celle que l'on nous raconte dans les médias et se retrouve beaucoup plus dans nos blogues. Je t'embrasse

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    1. C'est tout à fait vrai, Louis-Paul.
      Je t'embrasse moi aussi.

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